Debian GNU/Linux sur SGI Indy
Tags : Debian, Ordinosaure, SGI
Me voici l'heureux propriétaire d'une station Silicon Graphics Indy. Le moins qu'on puisse dire c'est que la créature n'est pas de première jeunesse mais côté exotisme on est comblé. La mise en route est une autre paire de manches.


Première étape, mettre en marche. Heureusement, une Indy dispose de connecteurs PS/2 pour le clavier et la souris, du matériel PC économique fait donc l'affaire. Malheureusement, côté vidéo il n'en va pas de même, on trouve un connecteur 13W3 et faute d'écran compatible il faut se rabattre sur un adaptateur 13W3/VGA et un écran standard PC. L'adaptateur commandé n'étant pas encore arrivé, mais ne pouvant attendre, j'ai découvert ce que signifiait le terme "qualité" pour du hardware. Et hop, une console série !
Une Indy, comme d'autres station dispose de deux port série compatibles RS232 au format miniDIN 8 broches. Un null-modem et l'affaire est dans le sac... à un détail près : encore faut-il trouver un connecteur adéquate.

Dans le cas contraire c'est pistolet à colle, pattes de composants et fer à souder :

La machine était décrite comme ayant un disque de 500Mo, un volume inconnu de mémoire et une configuration pour démarrer sur le réseau. Au final l'Indy dispose de deux disques, de 32 Mo de mémoire, d'une carte graphique XL-24 et d'une carte vidéo fille. La configuration elle-même ne semblait indiquer aucun démarrage réseau.
La seconde étape de la réactivation de la station se résume donc par un premier démarrage avec une console série. L'Indy sans clavier ni souris démarre automatiquement avec une console sur le premier port série. Il suffit donc de configurer un terminal (minicom) en 9600 8N1 et zou :
System Maintenance Menu 1) Start System 2) Install System Software 3) Run Diagnostics 4) Recover System 5) Enter Command Monitor
On utilise 5 pour configurer l'ensemble et obtenir quelques informations (adresse MAC par exemple). Manque de chance, un mot de passe est défini et il faut le supprimer. Un petit cavalier sur la carte mère peut être retiré avant la mise sous tension de la machine :

De retour dans le menu de maintenance, et dans le Command Monitor, on efface le mot de passe :
Option? 5 Warning: Password jumper has been removed. Not enforcing PROM password. Command Monitor. Type "exit" to return to the menu. >>resetpw Password cleared. >>
Bon, remise en place du cavalier et reboot. Il faut maintenant démarrer l'Indy depuis le réseau pour une installation de GNU/Linux. Pour se faire on installe un serveur DHCP et un serveur TFTP sur une machine du réseau. Le serveur TFTP accueil le fichier netboot-boot.img récupéré sur l'archive Debian qui va bien.
Toujours dans le Command Monitor (et si tout est correctement configuré) on utilise :
setenv console d1 unsetenv netaddr bootp()/netboot-boot.img
(La première commande sert simplement à forcer une console sur le premier port série à chaque démarrage) L'image est récupérée et démarrée et l'installeur Debian prend le relais. Là, il suffit de suivre les étapes classiques. En fin d'installation, un bootloader est installé, c'est arcboot. L'architecture d'une Indy n'a rien à voir avec un PC, la plupart du travail est fait par le programme en PROM qui utilise une partition spécifique du disque pour les images système à démarrer. Après l'installation de la Debian, il faut refaire un tour dans le Command Monitor pour spécifier la configuration à utiliser :
setenv SystemPartition scsi(0)disk(1)rdisk(0)partition(8) setenv OSLoadPartition scsi(0)disk(1)rdisk(0)partition(0) setenv OSLoader arcboot setenv OSLoadFilename Linux
On précis la partition système, la partition où se trouve l'OS, le bootloader et l'argument passé à ce dernier. Ensuite, il suffit d'utiliser la commande boot et le système démarre normalement. Lors des prochains démarrages les valeurs enregistrées sont directement utilisées sauf si on fait usage de <ESC> pour revenir dans le mode de maintenance.
C'est tout pour l'instant. J'y reviendrai peut-être par la suite une fois l'adaptateur 13W3/VGA en ma possession et lorsque la configuration sera plus complète (serveur X, périphérique audio, code, etc). Quoi qu'il en soit, c'est via ce type d'expérience qu'on se rend compte à quel point l'architecture PC est un hack et les configurations de bien mauvaise qualité. Un BIOS PC par exemple n'est toujours pas capable de prendre en charge le choix d'un OS, d'offrir une interface de maintenance valable, etc... Bref la plupart des choses qu'on retrouve dans un bootloader comme GRUB.
Quelques liens intéressants :
http://www.reputable.com/indytech.html
http://www.pvv.org/~pladsen/Indy/HOWTO.html
http://www.zorg.org/linux/indy.php
http://geektechnique.org/projects/indyblues.html